L’actu de la semaine du 16 février du CAM Ukraine : 4 ans de guerre, 4 ans de résistance, 4 ans de solidarité

Situation humanitaire : La situation humanitaire liée à la pénurie d’énergie n’a malheureusement pas évolué favorablement. Dans l’est et le sud du pays, il n’y a que 2 à 4 heures d’électricité par jour. A l’ouest la situation est à peine meilleure. Cette semaine encore la température est descendue sous les -15°C. Et les bombardements continuent, notamment contre les infrastructures énergétiques. L’envoi de générateurs et de batteries type Ecoflow reste une priorité.

Manifestation du 21 février

Le Comité d’aide médicale était présent à la manifestation parisienne pour les 4 ans de la guerre à grande échelle, réunis sous le slogan “Non à la guerre russe : troupes de Poutine hors d’Ukraine !”

Le Comité d’aide médicale a été cité dans la dépêche AFP reprise par France 24. François Grünewald et Jacques Duplessy ont été interviewés dans l’article de Libération :“La «marche pour l’Ukraine» de ce samedi nuageux d’hiver était organisée par le collectif «Razom» – signifiant ensemble en ukrainien –, qui rassemble une dizaine d’organisations françaises engagées auprès du pays en guerre. Et parmi elles, le Comité d’aide médicale à l’Ukraine (CAM Ukraine), une association humanitaire qui agit pour répondre à l’urgence de la situation et aux besoins des populations, aux côtés de l’ONG ukrainienne Comité d’aide médicale Zakarpattia. L’association est présidée par l’humanitaire François Grünewald, rentré mercredi d’une mission d’un mois en Ukraine, au cours de laquelle il a sillonné les villages du pays pour recenser les besoins concrets des populations.

«Sur place, j’ai fait le point sur les enjeux d’énergie, de santé, d’environnement, explique-t-il, j’ai fait le tour des partenaires, j’ai questionné les citoyens, les mairies, les ministères pour savoir ce dont ils ont besoin, et où ils en ont besoin.» Un travail avec les autorités autant qu’avec les habitants qui lui a permis de déterminer le contenu du dixième camion humanitaire de l’année envoyé par l’association, samedi, depuis Paris jusqu’à Oujgorod, à l’extrémité ouest du pays : des générateurs, du matériel médical, de la nourriture énergétique, des matériaux de construction et des vêtements neufs.

Le long camion jaune trône place de la Bastille – lieu d’arrivée de la marche – et attend le coup d’envoi pour partir en Ukraine. Il atteindra l’ouest du pays dans quatre jours, et son contenu sera distribué dans les différentes régions du pays. «J’ai encore huit camions qui attendent leur tour, précise Jacques Duplessy, le directeur de l’association, quatre départs sont prévus la semaine prochaine, et quatre la semaine suivante.»

«La manière dont le peuple résiste, c’est du jamais-vu»

François Grünewald a travaillé en tant qu’humanitaire dans de nombreuses zones de conflits dans le monde. Mais depuis 2022, il multiplie les missions en Ukraine. «Là-bas, c’est différent. La manière dont le peuple résiste, c’est du jamais-vu ailleurs, c’est beau», relate celui qui confie se sentir «déprimé» à ses retours de mission, tant l’entraide ukrainienne «a fait rejaillir les valeurs de solidarité». En Ukraine, on résiste par l’humour. On résiste par l’art. On tient grâce à l’échange, énumère l’humanitaire. «Un jour, j’ai dû passer une nuit dans un métro ukrainien. Un petit groupe de jeunes jouait de la musique, et beaucoup de personnes dansaient. Pourtant, au-dessus de nous, il y avait le bruit des bombes.» Ce contraste entre la froideur de la guerre et la chaleur de la solidarité, il l’associe à une culture ukrainienne marquée par une «tradition d’irrévérence». Et d’insister : «L’Ukraine n’est pas résiliente, elle est résistante.» La résilience, juge-t-il, suppose une forme de passivité. Ici, c’est un choix actif.

Soutenir, encore

La mobilisation ne faiblit pas donc, malgré quatre années d’une guerre permanente. Quand on lui demande où il puise encore l’espoir et la motivation de se déplacer toutes les semaines aux côtés des associations pour manifester son soutien au peuple ukrainien, Baptiste, qui tient un drapeau dans chaque main, s’étonne. «Peut-être que sur le plan international et diplomatique, ça ne bouge pas. Mais quand on s’implique personnellement, qu’on rejoint des associations, on voit très bien combien la situation évolue, et évolue dans le bon sens», affirme celui qui partage sa vie avec une Ukrainienne, depuis que celle-ci a fui son pays pour la France, en 2022.

Après avoir traversé successivement le boulevard du Temple et le boulevard Beaumarchais en portant à bout de bras un long tissu bleu et jaune de 250 mètres, la grande délégation arrive place de la Bastille. Le camion humanitaire jaune peut enfin prendre la route. Sur place, il sera accueilli par les membres de l’ONG ukrainienne Comité d’aide médicale Zakarpattia, et son contenu sera redistribué à la population. «Les Ukrainiens sont très forts pour dire merci, explique François Grunewald, mais vu l’exemple de solidarité et de force qu’ils nous offrent, c’est à nous de leur dire merci.» Le camion s’éloigne lentement. Sur la place, les drapeaux claquent encore dans l’air froid de février. Quatre ans après le début de l’invasion, la guerre dure. Et à Paris, certains continuent de compter les jours.”

Nos actions en bref

  • 2 camions sont partis cette semaine

Nous avons envoyé 2 camions cette semaine : un avec 18 générateurs diesel pour les points de réchauffement dans les écoles de Soumy et un camion avec 5 générateurs, une quinzaine d’Ecoflows et des consommables médico-chirurgicaux au Comité d’aide médicale Zakarpattia. Déjà le 10eme camion de l’année !

Une partie de l’équipe du CAM Ukraine Place de la Bastille devant notre 10ème camion de l’année. Nous pouvons compter sur une formidable équipe d’une trentaine de personnes très engagées sans qui rien de ce que nous faisons ne serait possible.
  • Un camion est arrivé dans les entrepôts du Comité d’aide médicale Zakarpattya lundi 16 février
Ce chargement était composé de consommables médicaux, de générateurs et de batteries Ecoflows, de 650 couvertures et de produits d’hygiène.
  • Nous préparons l’envoi de 4 camions la semaine du 23 février : un semi-remorque avec de puissants générateurs et des Ecoflows pour la ville de Soumy, un camion avec 2 containers poste de soins, des extincteurs et du matériel médical, et deux avec des matériaux de constructions, de l’équipement de la maison et des articles de bricolage.

Pour faire un don pour l’achat de générateur et de matériel d’urgence, c’est par ici ! Merci pour votre solidarité.

Mission en Ukraine

François Grünewald est revenu d’Ukraine. Il a terminé sa mission par un déplacement à Odessa pour la question de l’énergie et de l’eau (notamment lors d’un rendez-vous avec l’UNICEF) et à Kyiv pour voir à nouveau l’ambassade de France, le ministère de l’énergie, le résident permanent des Nations-Unies et coordinateur humanitaire, la directrice l’Office de Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), la coopération britannique pour restituer l’ensemble de sa mission d’un mois. Il est important pour notre ONG d’agir en concertation avec les autres acteurs humanitares et étatiques, et de partager nos informations.

Mécénat et partenariats

Mention spéciale cette semaine et remerciement à la congrégation des Filles du cœur de Marie qui a versé 35 000 € pour l’achat de générateurs pour l’Ukraine. Merci également à l’association Fraternité Nièvre Ukraine pour le partenariat pour l’envoi de 5 batteries Ecoflows et à la société VAC pour le don d’une remorque base vie. Nous avons aussi pu finaliser aussi un don important de matériel de désincarcération et de lutte contre le feu de la société Scorpe. Ce mécénat d’associations et d’entreprises est vital pour permettre d’aider l’Ukraine.

Vie de l’association

Nous avons eu la joie de vivre un temps convivial pour faire davantage connaissance et partager sur notre engagement pour l’Ukraine. Occasion aussi de finaliser les préparatifs de la manifestation du samedi. Mention spéciale à Sophie venue de Barcelone et qui organise une collecte de fonds en Espagne pour notre association.